« Slow Life », « Mise au vert », et désormais « Bullshit job ». Bienvenu au pays de la remise en question de notre système et de nos valeurs ! Et ainsi, par extension, de l’avenir du monde du travail si ce signal faible se transforme – comme il le semble – en véritable tendance et phénomène social.

Parce que si vous pensez que vous êtes original à vouloir prendre la fuite sur l’A86 (ou toute autre A) le matin en partant bosser pour lancer votre activité de maison d’hôtes, de fromagère landaise ou encore devenir ébéniste sous un plaid quelque part entre le Gers et la Dordogne, et bien non !, vous ne faites pas dans le délire, loin de là. Et vous seriez presque même devenu assez standard.

Car il n’y a plus besoin désormais de finir en burn out sévère ou encore fondre les plombs ou avoir une tendance fortement anarchique pour s’autoriser le choix d’une véritable réorientation, ou un choix de carrière affirmé pour l’artisanal ou le manuel.

Il suffit de lire tous les articles qui fleurissent sur la toile quant au phénomène qui s’est lancé il y a quelques années.

« La révolte des premiers de la classe » (Jean-Laurent Cassely ) est une des (dernières) bonnes synthèses de tous ces constats et de ces sentiments complexes. Partie de la notion de « bullshit job » inventée par de David Graeber, anthropologue à London School of Economics, cette idée a fait son chemin - et même des petits un peu partout dans le monde, - tout cela car elle était dans les esprits de milliers voire de millions de jeunes sans être – alors, encore - avouée. Caractérisés pour simplifier par « métier impossible à définir en une phrase », ces bullshit jobs ont inondé le monde du travail notamment via la Révolution Digitale. Mais pas que. 

Qu’est-ce que c’est ?

Tout simplement des jeunes de moins de 40 ans pour la plupart qui ont réalisé la vacuité de leur travail qui, à leurs yeux, a perdu tout sens. Perdu dans la chaine de responsabilité sans fin mais surtout ayant perdu de vue toute finalité quant à ce qu’ils font (agence de com, de pub, informatique, et autre version digitalo-virtuelle de la vie professionnelle et réelle), ils ont tout simplement perdu tout goût à ce qu’ils font ! Se sentant inutiles, ils se perçoivent alors eux-mêmes comme inutiles. Et cela pèse.

Un besoin évident s’est alors fait sentir dans toutes ces strates sociales de revenir à 3 choses : le concret, le social (en format lien direct), et à de l’engagement (pas forcément de la passion, mais à minima par un intérêt sincère pour ce que l’on fait).

Bilan ? On assiste à reconversion de jeunes cadres dynamiques en néo artisans, filles comme garçons. Boulanger, ébéniste, fromager, fleuriste, boucher, céramiste, et j’en passe. Un retour aux vrais gestes, une revalorisation des héritages manuels et techniques, revenir au commerce de proximité avec un vrai contact humain, et des dialogues avec du sens. Oui, du sens : devenu une priorité.

Loin d’être niaise ou idéaliste, la démarche se veut avant tout saine et sincère. Égoïste en ce sens que chacun cherche avant tout à garantir son bonheur dans un monde de plus en plus complexe, mais altruiste en ce qu’il intègre toujours le monde qui vous entoure et essaie d’en tirer le meilleur et de proposer des choses qui plaisent et apportent leur petit lot de joie au quotidien.

Bref. Alors ? Si vous hésitiez, l’heure est venue de passer à l’acte et de rejoindre votre vraie communauté ! Celle qui vous touche, qui vous parle, et vous enthousiasme. Celle qui partage autant votre parcours que vos valeurs. Désormais, elle doit sans doute se trouver à 3 blocks de chez vous ! Même en centre-ville ! Plus besoin de s’exiler. Bien au contraire…

Et si de cette tendance nous faisions tous ensemble un retour au vrai, au juste et au positif, il n’y a que du bon à prendre. Alors, prenons-le ! Et changeons le monde. Pour le meilleur.

Pour découvrir l'histoire de Soumya Tahiri, fondatrice de la marque antipollution, lisez l'Aventure Noxidoxi.

Références à lire :

Livre : Jean-Laurent Cassely « La révolte des premiers de la classe »

Absurdes et vides de sens : ces jobs d’enfer

Comment les nouvelles générations de jeunes diplômés fuient les "métiers à la con"

Des « bullshit jobs » au néo-artisanat : une génération en quête de sens