Ce serait avoir un temps de retard que de vous parler du fait que dans notre très beau pays, la culture de l’échec est encore mal perçue. 

Grand nombre d’entrepreneurs, dont notamment Simoncini(*) pour ne citer que lui, ont depuis quelques années maintenant travaillé à vulgariser le mérite de l’échec dans l’entrepreneuriat. En bref : sans essayer, on ne réussit pas, or essayer c’est aussi risquer de ne pas réussir, et il faut rappeler que rater c’est aussi souvent apprendre pour mieux rebondir la fois d’après. 

Grand nombre d’entre ces entrepreneurs ont créé un certain nombre de sociétés avant de rencontrer le succès tant attendu. Mais souvent les gens ne regardent que la fin de l’histoire et ne s’intéressent que rarement au chemin. Sans doute car nous avons tous été bercés depuis notre plus tendre enfance au storytelling de Rockefeller ou autre self-made-en ou tout fini toujours (assez vite) par bien se terminer après quelques sursauts, histoire de pimenter le roman.

Mais c’est aujourd’hui un autre thème, sans doute complémentaire à celui-ci, qui m’amène vers vous : apprendre aussi de ces réussites. Si le premier chapitre ci-dessus est une évidence, parfois pourtant complexe à faire entendre, un des Business Harvard Review de ce début de 2017 mettait l’accent, lui, sur la nécessité d’apprendre autant de ses réussites. Il apparait effectivement encore plus douteux ou curieux de prendre du recul et d’analyser le « pourquoi ça fonctionne » !

Pourquoi ? Sans doute une sorte de mix entre le fait que l’on n’en voit pas la nécessité (« puisque ça marche ! »), fidèlement à l’adage selon lequel « on ne change pas une équipe qui gagne » (le fameux), et une sorte de superstition peu avouable de changer un paramètre ou d’en remettre un en cause qui changera la course vers la gagne ! « Ce qui serait bien dommage ! »

Alors, on trace, et on ne se pose pas de question. On évite, même.

Pourtant c’est à ce moment-là aussi que nous avons peut-être le plus à apprendre : car nous sommes dans la dynamique qui nous permet d’oser ! Quand on est en train de perdre, on peut opter pour le « tout pour le tout » (genre en mode « fichu pour fichu ») mais cela est rarement sans grosse pression quand on n’est pas tout seul (salariés, entreprise, actionnaires). Et là, souvent hélas, la lucidité est moins forte, et l’objectivité peut faire défaut. Alors que quand on a le succès derrière nous, « avec nous », on ose alors pousser le curseur, tenter des choses car notre esprit est libéré, ainsi que nos énergies. Et celles de nos équipes avec ! Et on en est souvent du coup bien meilleur !!!

Ainsi la spirale positive revêt un avantage et une qualité de réflexion, de recul, d’ouverture de (champ de) vision qui n’a pas son pareil.

Alors quand tout va bien, pensez-y ! Ne vous contentez pas de vous satisfaire de ce que vous réussissez aujourd’hui. Construisez pour demain. Jouez le coup d’avance. Projetez-vous. Profitez des moments de calme (avant toute potentielle tempête). Utilisez ce courant ascendant !

On ne le dira jamais assez : Si vis pacem, para bellum. Si tu veux la paix, prépare la guerre.

(*)Lire : http://www.lenouveleconomiste.fr/marc-simoncini-lechec-est-la-cle-de-la-reussite-19367/